Aujourd’hui, j’ai envie de vous présenter une créatrice que j’apprécie beaucoup. Elle réalise au crochet de petites peluches absolument irrésistibles, toutes plus mignonnes (kawaii) les unes que les autres.

Derrière ces adorables créations se cache une personne profondément travailleuse, passionnée et exigeante avec elle-même. Elle ne se contente pas de “faire mignon” : elle met un point d’honneur à soigner chaque détail, à choisir ses matériaux avec attention et à toujours améliorer la qualité de ses créations.
Chaque peluche est entièrement réalisée à la main, avec patience et minutie. On sent dans son travail l’envie sincère de proposer des pièces durables, bien finies, et capables d’apporter une vraie dose de douceur au quotidien.
C’est ce mélange de rigueur, de passion et de tendresse qui rend son univers si attachant.
Voici son interview :
1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
(Ton parcours, ton atelier, ce qui t’a menée à ce métier)
Mon parcours est assez atypique, mais pas tant que cela en réalité.
J’ai décroché mon Master en psychologie cognitive en 2021 pendant le covid. Après plusieurs mois a chercher du travail, j’étais très déprimée et je mourrais d’ennui. C’est à ce moment-là que je m’en suis remise aux activités manuelles pour me canaliser et me sentir mieux.
J’ai appris le crochet sur Youtube en mettant la vidéo au ralenti. J’ai fait un chouchou, fonctionnel, mais vraiment pas ressemblant à la vidéo si tu veux mon avis.
Toutefois, ça a été un déclic pour moi et je n’ai plus jamais arrêté de crocheter depuis. J’ai fait des vêtements, des accessoires, et puis un jour, j’ai découvert qu’on pouvait faire des peluches en crochet, mon enfant intérieur m’a crié de tester, et maintenant, c’est mon métier !
2. Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir artisane ?
(Une vocation, une rencontre, un héritage familial, un déclic ?)
Ma grand-mère et ma maman étaient toutes les deux très douées en art du fil, en broderie, tapisserie, tricot.
J’ai crocheté ma première pièce avec le seul crochet que ma grand-mère m’avait laissé au milieu de ses affaires de tricot. Il n’avait jamais été utilisé. Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu apprendre le crochet, c’était un heureux hasard.
3. Comment décrirais-tu ton univers ou ta signature artistique ?
(Styles, matériaux, inspirations…)
J’ai un univers très coloré et très doux.
Je m’inspire de plein de styles différents, mais beaucoup retrouve des aspects japonisants dans mon travail.
C’est logique, puisque je pratique l’amigurumi qui est littéralement un mot-valise japonais qui veut dire « crochet peluche ».
J’aime leur faire des gros yeux ou des fleurs dans les cheveux, j’aime que ce soit vraiment mignon et coloré.

4. Peux-tu nous parler d’une création dont tu es particulièrement fière ?
(Et ce qu’elle représente pour toi)
Je suis très fière de ma création qui s’appelle Oméga. C’est un élan inspiré de ceux que j’ai vu au Canada il y a quelques années. Il a été mon premier patron à sortir et c’était donc la première fois que j’avais des testeuses, a qui j’ai envoyé les patrons et qui m’ont fait leurs retours.
Et c’est également la première fois que j’ai vendu quelque chose sur Internet ! Il représente pour moi la récompense d’avoir pris un risque en dehors de ma zone de confort et d’avoir été récompensée pour cela.

5. À quoi ressemble une journée type dans ton atelier ?
Souvent, le matin, je fais de l’administration, les mails, les messages sur les réseaux sociaux, les commandes de fournitures si besoin.
Ensuite, l’après-midi, je crée jusqu’à assez tard dans la nuit, en faisant des pauses au fur et à mesure bien sûr ! Je n’ai pas de jour de pause prédéterminé, mais si j’ai eu un marché le week-end, je prends souvent le lundi pour récupérer si je le peux.
6. Quelles sont les valeurs ou les messages que tu veux transmettre à travers ton travail ?
J’aime le fait de continuer un art qui se transmet de génération en génération.
J’aime le fait de pouvoir mettre en avant un art qui a si souvent été considéré comme gratuit car c’était souvent fait par les mères et grand-mères de famille (et donc pas digne de salaire, car c’était un travail de femme de maison).
J’aime voir les yeux des enfants s’illuminer devant mon stand, mais j’aime encore plus quand j’ai l’occasion d’apprendre aux gens que le crochet est un savoir-faire qui n’est pas remplaçable par une machine et qu’on peut faire des choses superbes rien qu’avec ses mains !
7. Quels défis rencontres-tu en tant qu’artisane aujourd’hui ?
(Production locale, visibilité, rythme de travail, équilibre vie pro/perso…)
J’ai parfois du mal à m’arrêter de travailler, même si ça va mieux maintenant ! Je pense que le plus dur pour moi, c’est de trouver assez d’événements auxquels participer tout en minimisant les coûts.
Les stands sont de plus en plus chers, et de moins en moins rentables.
Aussi, j’ai de plus en plus de concurrence avec des stands « Aliexpress » qui vendent des objets en crochet à un prix dérisoire alors que cela a été fait à la main (comme mentionné plus haut, on ne peut pas le produire à la machine, ils exploitent des gens !).
C’est difficile d’exister face à cela. Mais je tiens bon, et j’espère avoir une meilleure présence en ligne pour aider à éduquer les gens sur la question, et également rediriger les potentiels clients sur mon site internet !
8. Que trouves-tu de plus gratifiant dans ton métier ?
J’ai créé un emploi pour moi-même et je travaille pour moi.
Je dois me motiver tous les jours moi-même. Je n’avais pas de travail et maintenant, j’en ai un.
C’est quand même fantastique de pouvoir se dire cela. Ce n’est pas une voie facile, mais artistiquement et créativement c’est extrêmement épanouissant.
Cela a été un vrai challenge de monter cette entreprise, mais je suis contente d’y être allée un peu sur un coup de tête.
Si j’avais été mise au courant avant de tous les papiers à remplir, toutes les étapes à franchir, je suis certaine que je n’aurais jamais tenté ma chance, j’aurais eu trop peur d’échouer.

9. As-tu un rêve ou un projet que tu aimerais concrétiser prochainement ?
Oui, j’ai des projets à court et long (voir très long…) terme !
Prochainement, je vais sortir de ma zone de confort et proposer d’autres produits en plus de mes peluches. On verra comment c’est reçu par le public.
10. Où peut-on découvrir ou acheter tes créations ?
(Boutique, marché, site web, réseaux sociaux…)
Mon site internet en cours de construction : beyondthewool.sumupstore.com
Mon ETSY : https://www.etsy.com/fr/shop/BEYONDTHEWOOLSHOP
Mon Instagram : beyondthewool
Vous pourrez retrouver Solenn les 14 et 15 Mars 2026 au Paris Manga
Parc des Expositions – Paris Nord Villepinte (Hall 7)
ZAC Paris Nord 2
93420 Villepinte
Je suis vraiment heureuse de pouvoir vous faire découvrir ces artisanes et de partager, à travers elles, des valeurs qui me tiennent à cœur. Derrière chaque objet se cache une histoire, du temps, des choix, des engagements. Avoir conscience de cela, c’est aussi réfléchir à ce que l’on achète, et à l’impact que peuvent avoir des produits fabriqués à l’autre bout du monde.
Nous partageons toutes et tous le même constat : la concurrence déloyale rend la pérennité de nos entreprises particulièrement difficile. Entre les productions de masse à bas coût et la course permanente aux prix toujours plus bas, il devient complexe de valoriser le travail artisanal à sa juste valeur.
Pourtant, derrière nos créations, il y a du temps, un véritable savoir-faire, des charges, des choix éthiques et une volonté de proposer des produits de qualité. Continuer à défendre cet artisanat demande de la persévérance, de la passion et aussi le soutien de celles et ceux qui croient en une consommation plus consciente et plus humaine.
Il serait vraiment dommage de perdre nos savoirs faire non ?



